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Vieille d’un siècle, la radiothérapie reste un traitement incontournable de beaucoup de cancers. Aujourd’hui, pour un maximum d’efficacité et un minimum d’inconvénients, les techniques ne cessent de gagner en précision.
Paru le 21/04/2008 - Créé le 26/03/2008
Dr B. Martin

Née et développée à l’Institut Curie au début du XXème siècle, la radiothérapie est employée pour le traitement d’environ un tiers des cancers.
Elle consiste à exposer les cellules cancéreuses d’une tumeur à des rayonnements (aussi appelés rayons ou radiations) qui altèrent l’information génétique des cellules, empêchant leur multiplication et conduisant à leur destruction. La source des radiations peut être à l'extérieur du corps ou à l'intérieur (curiethérapie).
La radiothérapie externe est la technique la plus courante. Elle fait appel à différents appareils (accélérateur linéaire de particules par exemple) qui émettent des rayons. Ces derniers traversent la peau jusqu’à la tumeur.
La difficulté est de tuer les cellules cancéreuses en préservant les cellules saines. Heureusement, les cellules indemnes ont une faculté de se régénérer supérieure à celle des cellules malades.
Pour qui ?
La radiothérapie est un traitement fréquent du cancer sans être systématique. Son indication dépend de la localisation du cancer, de son stade d'évolution et de l'état général de la personne malade.
Elle fait partie de l’arsenal thérapeutique et peut être associée à la chirurgie et à la chimiothérapie. On l’utilise pour éviter une chirurgie mutilante (traitement curatif), pour freiner un cancer évolué (traitement palliatif), pour atténuer la douleur (traitement symptomatique) ou encore pour préparer ou compléter une intervention chirurgicale ou une chimiothérapie (traitement adjuvant).
L'ordre dans lequel se déroulent les différentes phases du traitement dépend du type de cancer et de son évolution.
Des techniques pour allier efficacité et précision
Différentes techniques ont été développées pour concilier au mieux efficacité et précision, lorsque des organes sensibles sont situés à proximité de la tumeur. Par exemple :
la radiothérapie conformationnelle 3D utilise le scanner pour définir avec une précision accrue la zone à irradier.
la radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité permet en plus de faire varier la dose de rayons au cours de l'irradiation.
la radiothérapie asservie à la respiration prend en compte les mouvements respiratoires de la personne malade, pour le traitement de certains cancers situés au niveau de la cage thoracique (poumon, œsophage, sein).
la radiochirurgie stéréotaxique est principalement utilisée pour traiter de petites tumeurs cérébrales
la protonthérapie utilise des faisceaux de protons émis par des accélérateurs particuliers, les cyclotrons. Leur utilisation est réservée à des cas bien précis : certaines tumeurs de l'œil ou situées à l'intérieur du crâne notamment.
En pratique
Le traitement est en général réalisé en ambulatoire, sans hospitalisation. Il se déroule le plus souvent à raison d’une séance par jour, 4 à 5 fois par semaine, pendant plusieurs semaines.
Avant le début du traitement, une séance de « centrage » ou « repérage » est nécessaire. Elle consiste à délimiter la zone à traiter et permet de calculer la dose de radiations que le patient doit recevoir : c'est la « dosimétrie ».
Après cette préparation d’une demi-heure à une heure, les autres séances seront beaucoup plus courtes. A chaque fois, le malade est installé sur un lit de traitement dans la même position par le manipulateur radio, avec qui il peut communiquer par un système de micros et caméras. Le médecin radiothérapeute assure un suivi environ une fois par semaine, puis des visites de contrôle sont planifiées.
Si les séances elles-mêmes sont indolores, des effets indésirables, liés à l’altération des cellules saines, ne peuvent toujours être évités. Ils varient d’une personne à l’autre et en fonction de la zone traitée. Ils surviennent souvent au milieu ou à la fin du traitement et régressent après. Il peut s’agir de simples irritations de la peau ou bien de fatigue, de nausées, de diarrhées. Il ne faut pas hésiter à demander à l’équipe médicale des conseils pour y faire face.
Sites utiles
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