
Comment évolue la natalité ? Quelles sont les maladies les plus fréquentes ? Où les professionnels de santé se font-ils le plus rares ? Parce que derrière toutes les grandes tendances nationales se cachent bien des spécificités locales, santea.com dresse pour vous un panorama complet de chaque région de France. Avec trois angles d’analyse : la démographie et l’économie, l’état de santé de la population, l’offre des soins.
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Un territoire pluriel et attirant
Les huit départements la région Rhône-Alpes forment une véritable mosaïque géographique, avec le fleuve Rhône pour trait d’union. Des plaines de la Saône au massif du Mont-Blanc, la région séduit par sa grande diversité. Elle rassemble 6 millions d’habitants et connaît l’une des plus fortes croissance démographique de l’hexagone grâce à deux phénomènes conjugués : un taux de natalité élevé et l’installation d’un grand nombre de nouveaux habitants. Hormis la Loire, tous les départements combinent ces deux atouts. Résultat ? Le vieillissement de la population, phénomène commun à toutes les régions de France, s’avère moins marqué en Rhône-Alpes où la population est un peu plus jeune que la moyenne nationale.
En chiffres
2ème région de France par la superficie et par la population
+ 25% d’habitants en 30 ans (+ 16% en France)
1/10ème des Français vit en Rhône-Alpes
5 fois plus d’habitants dans le Rhône qu’en Ardèche
53 % de la population a moins de 40 ans
440 000 rhônalpins sont âgés de 75 ans ou plus
Sources : La France en faits et en chiffres, Insee 2006 - Tableaux de l’économie Rhône-Alpes, Insee 2006/2007
Un bilan très positif
Les activités tertiaires emploient la majorité (56%) des salariés du secteur privé rhônealpin. Elles se concentrent dans les grandes agglomérations (Lyon, Grenoble, Chambéry, Saint-Étienne…). Leur poids économique va crescendo, surtout dans le domaine des services à haute valeur ajouté (conseil, assistance, recherche...). A contrario, l’activité industrielle, intimement liée à l’histoire régionale, perd des emplois, surtout dans le textile et l’habillement. Elle demeure néanmoins un puissant moteur de ressources.
- La santé constitue un axe fort de développement, notamment pour l’agglomération lyonnaise, aux côtés de bien d’autres domaines d’excellence : chimie, automobile, composants électroniques, machines et matériels agricoles.
- La région crée plus d’emplois qu’elle n’en perd, hormis en Ardèche. La Savoie enregistre la plus forte hausse, grâce au tourisme. Les salariés rhônalpins gagnent, en moyenne, mieux leur vie qu’ailleurs en province (+ 4%). Le taux de chômage connaît une baisse sensible depuis plusieurs années. Il est inférieur à la moyenne nationale, de même que la proportion de bénéficiaires du RMI.
En chiffres
11 300 emplois dans les industries de santé
2ème place nationale pour le nombre de brevets déposés et 2ème région exportatrice de France, derrière l’Ile-de-France
63,6% des jeunes rhônalpins accèdent de façon rapide et durable à l’emploi à la sortie du secondaire (56% au niveau national)
16% de la population est retraité
79 000 allocataires du RMI soit 1,3% de la population
Sources : Tableaux de l’économie Rhône-Alpes, Insee 2006/2007 - Insee Chiffre-clés 2006 - Les jeunes et la précarité en Rhône-Alpes n°2007-03D, DRASS Rhône-Alpes, mars 2007 - Panorama de l’économie régionale Rhône-alpes, Chambre de commerce et d’industrie, juin 2004.
Longue vie !
84,5 ans pour les femmes et 77,6 ans pour les hommes. Les habitants de Rhône-Alpes affichent une espérance de vie record. Elle est supérieure aux moyennes nationales, à la naissance mais aussi à l’âge de 60 ans. Comment expliquer une telle longévité ? Probablement en partie par des comportements à risque moins fréquents. La consommation excessive d’alcool est plus rare dans la région. La population compte également moins de fumeurs et elle est plus sportive, surtout en Savoie et en Haute-Savoie. On dénombre une licence sportive pour 5,5 rhônalpins (1/6,2 en France). Mais attention : la sédentarité gagne du terrain, chez les seniors comme les bambins. Résultat ? Le surpoids et l’obésité augmentent dans la population, dont déjà 12% des enfants de 6 ans ont un poids excessif.
Témoin indirect
La mortalité prématurée rassemble les décès survenus avant l’âge de 65 ans. Évitable dans près de la moitié des cas, elle constitue un bon indicateur de l’état de santé d’une population. Le taux enregistré dans la région est le plus bas de France, devant la région Midi-Pyrénées.
Sources : Insee Chiffres-clés 2004 et 2006 - Statistiques et indicateurs de la Santé et du Social, DRASS Rhône-alpes, juillet 2006 – Tableaux de l’économie Rhône-Alpes, Insee 2006-2007.
Moins de cancers, plus de diabète
Tumeurs, maladies du cœur et des vaisseaux, pathologies respiratoires, Les causes de mortalité sont les mêmes en Rhône-Alpes que partout ailleurs. Cependant, la région affiche une fréquence de cancers plus faible que la moyenne nationale, notamment pour les tumeurs du poumon et du sein, et ils entraînent un peu moins souvent le décès. La population souffre également moins de maladies cardio-vasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral…). En revanche, le diabète s’avère plus présent, comme dans toutes les régions situées à l’Est de la France. De même, les accidents du travail sont plus fréquents en Rhône-Alpes qu’ailleurs.
Le saviez-vous ?
L’ambroisie, une mauvaise herbe au pollen très allergisant, envahit la région depuis plusieurs décennies. Elle provoque asthme, conjonctivite et autres rhumes des foins chez 8,5% de ses habitants.
Sources : Panorama de la santé en Rhône-Alpes, DRASS janvier 2005 - Tableaux de l’économie Rhône-Alpes, Insee 2006-2007 – Projections épidémiologiques à l’horizon 2010 en Rhône-alpes, Observatoire régional de santé, septembre 2006 - Place de l’allergie due à l’ambroisie parmi les pollinoses en Rhône-Alpes, rapport du Dr Anne Deloraine, Centre Rhône-Alpes d'Epidémiologie et de Prévention Sanitaire, avril 2000.
De fortes disparités
Les bons résultats régionaux en matière de santé cachent d’importantes différences territoriales. Elles pourraient s’expliquer par la combinaison de plusieurs facteurs : l’âge, très élevé dans certaines communes, le niveau d’éducation et les difficultés d’accès aux soins à cause de difficultés financières et/ou d’un isolement géographique.
- Un habitant de la Loire vit en moyenne 22 mois de moins qu’un isérois. La différence est de 5 mois entre leur compagne respective.
- Les bassins de Montélimar, Roanne, Saint Etienne et Valence enregistrent les taux de mortalité les plus forts. Les plus faibles sont ceux des agglomérations d’Annecy, de Lyon et du nord de la Haute-Savoie.
La région en actions
Le Plan régional de Santé publique (PRSP) 2006-2010 a fait de la réduction des inégalités de santé l’une de ses priorités. Il prévoit de faciliter l’accès aux soins et à la prévention des populations marginalisées, ainsi que des personnes qui manquent de mobilité ou sont situées loin de tout.
Sources : Insee Chiffres-clés 2006 - Panorama de la santé en Rhône-Alpes, DRASS janvier 2005) - Plan régional de Santé publique 2006-2010, DRASS septembre 2006.
Des hôpitaux en nombre
La région Rhône-Alpes compte près de 400 établissements de soins publics et privés, dont trois Centres Hospitaliers Universitaires (CHU), pour 6 millions d’habitants. Son taux d’équipement est donc assez proche de la norme métropolitaine. Comme partout en France, la tendance va à la lente réduction du nombre de lits à l’hôpital ou en cliniques, avec le développement concomitant d’alternatives comme l’hospitalisation à domicile et les traitements ambulatoires. Avec 68 000 places, l’équipement régional en structures d’hébergement pour les personnes âgées dépasse la moyenne nationale. Le taux d’établissements d’accueil des personnes handicapées est proche des chiffres moyens constatés en France.
Chiffres-clés
2 lits d’hospitalisation en médecine pour 1 000 habitants
2,30 heures d’attente aux urgences avant l’admission dans un service hospitalier
+ 50% pour les places de soins infirmiers à domicile en 10 ans
1er centre de prise en charge des syncopes en France, à l'Hôpital de la Croix-Rousse (Lyon)
2010 l’année où l'Institut des épilepsies de l'enfant et de l'adolescent (IDEE) verra le jour à Lyon, un projet unique en Europe
Sources : Insee Chiffres-clés 2006 – Panorama de la santé en Rhône-Alpes DRASS janvier 2005 - Evaluation du SROS et des CPOM en Rhône-Alpes, Agence régionale de l’hospitalisation, juillet 2007 – Le quotidien du médecin du 12/09/2007 – Hôpitaux de Lyon, août 2006.
Les professionnels de santé s’activent
Un dixième des infirmiers et des masseurs kinésithérapeutes de France exerce en Rhône-Alpes. La région compte presque autant de médecins généralistes (9 673) que de spécialistes (10 129). Ces praticiens sont 5 fois plus nombreux que les chirurgiens dentistes. Rapportés à la population, ces chiffres se placent un peu en dessous des moyennes nationales pour les médecins (109 généralistes et 85 spécialistes pour 100 000 rhônalpins) comme pour les pharmacies (2 113 officines). La densité des infirmiers et des masseurs kinésithérapeutes est en revanche plus forte qu’ailleurs, là où celle des chirurgiens-dentistes égale la moyenne française.
Quel paysage médical en 2020 ?
La population régionale a augmenté ? Le nombre de médecins libéraux aussi, enregistrant une hausse de 17% depuis le début du millénaire. Le mouvement pourrait s’inverser d’ici à 2020, où la région compterait moins de 16 000 praticiens. Cette baisse, partagée par la plupart des provinces françaises, devrait toutefois être moins forte en Rhône-Alpes. La région pourrait alors afficher une densité de spécialistes supérieure à la moyenne.
Sources : Insee Chiffres-clés 2005 - Statistiques et Indicateurs de la Santé et du Social, DRASS Rhône-Alpes, juillet 2006 - Tableaux de l’économie régionale Rhône-Alpes 2006/2007, Insee – Prospectives régionales et nationales, Observatoires de l’Urcam Rhône-Alpes, 2007.
Une répartition inégale
En toute logique, les établissements de soins se concentrent dans les trois départements les plus peuplés (Isère, Loire, Rhône). Pour la même raison, les médecins rhodaniens sont près de dix fois plus nombreux que leurs confrères libéraux installés en Ardèche, département par ailleurs deux fois mieux équipé en structure d’accueil pour personnes âgées que la Haute-Savoie. Dans 73 cantons, qui rassemblent 13% de la population, l’offre médicale se montre déjà insuffisante ou le deviendra bientôt à cause de départs en retraite non remplacés. Or il s’agit de zones rurales, où la proportion de personnes âgées est importante. Une situation comparable touche les professions paramédicales, fortement concentrées dans les territoires urbains… à l’exception des zones citadines dites « sensibles », relativement désertées par les professionnels de santé.
Spécialité régionale
La Suisse voisine attire les professionnels de santé rhônalpins. L’Etat de Genève rassemble ainsi 5 400* travailleurs transfrontaliers dans le domaine de la santé, dont nombre de médecins et d’infirmières de la Haute-Savoie et de l’Ain.
* vétérinaires compris
Sources : Panorama de la santé en Rhône-Alpes, DRASS janvier 2005 - Les frontaliers à Genève Un choix d’indicateurs, 1er trimestre 2007, Office cantonal de la statistique, août 2007.
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